Peut-on contester un contrôle alcool ?

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Un contrôle d'alcoolémie positif n'est pas toujours synonyme de condamnation automatique. En droit belge, la procédure de contrôle est encadrée par des règles strictes. Si ces règles n'ont pas été respectées, le résultat du test peut être contesté devant le tribunal de police.

Comment se déroule un contrôle d'alcoolémie ?

La loi du 16 mars 1968 relative à la police de la circulation routière organise le contrôle de l'alcoolémie en plusieurs phases successives.

Le test d'haleine (dépistage)

C'est la première étape. Le policier demande au conducteur de souffler dans un appareil de dépistage qui donne un résultat indicatif : négatif (zone verte), positif entre 0,22 et 0,35 mg/l d'air alvéolaire expiré (zone orange), ou positif au-delà de 0,35 mg/l (zone rouge). Ce test de dépistage n'a qu'une valeur indicative et ne suffit pas, à lui seul, à fonder une condamnation.

L'analyse de l'haleine (test probant)

Si le test de dépistage est positif, le policier procède à une analyse de l'haleine à l'aide d'un éthylomètre agréé. C'est ce résultat qui a une valeur probante et qui sera retenu dans le procès-verbal. Deux mesures successives sont effectuées : si la différence entre les deux dépasse une marge déterminée, une troisième mesure est réalisée. Le résultat retenu est la moyenne des deux mesures les plus proches.

La prise de sang

Dans certains cas — refus de souffler, impossibilité de souffler, contestation du résultat —, une prise de sang est réalisée par un médecin. L'analyse sanguine est alors effectuée en laboratoire et donne le taux d'alcool dans le sang (en grammes par litre).

Quels sont les motifs de contestation ?

L'appareil de mesure

L'éthylomètre utilisé doit être un appareil agréé par le SPF Économie et doit avoir fait l'objet d'un contrôle métrologique récent (vérification périodique). Si l'appareil n'est pas agréé, si son certificat de vérification est périmé ou si le procès-verbal ne mentionne pas le numéro d'identification de l'appareil, le résultat peut être contesté.

En pratique, les avocats spécialisés vérifient systématiquement la conformité de l'éthylomètre et la validité de sa dernière vérification.

Le respect de la procédure

La loi impose un déroulement précis du contrôle. Plusieurs vices de procédure peuvent être soulevés.

Le délai d'attente entre le test de dépistage et l'analyse de l'haleine doit être respecté (15 minutes minimum). Ce délai permet d'éviter que des résidus d'alcool dans la bouche ne faussent le résultat.

Les deux mesures successives doivent être réalisées conformément au protocole. Si une seule mesure a été effectuée, le résultat peut être contesté.

Le procès-verbal doit contenir certaines mentions obligatoires : heure du test, identification de l'appareil, résultat des mesures, signature de l'agent. L'absence de ces mentions peut constituer un vice de procédure.

Le droit de demander une contre-analyse

Le conducteur a le droit de demander une prise de sang à ses frais pour vérifier le résultat de l'analyse de l'haleine. Si ce droit ne lui a pas été notifié, il y a un vice de procédure qui peut entraîner la nullité du test.

Les circonstances du contrôle

Le contrôle doit respecter certaines conditions de légalité. Le policier doit être habilité à procéder au contrôle. Le contrôle doit avoir lieu dans le cadre d'une situation autorisée par la loi (contrôle routier, accident, infraction constatée). Le conducteur doit être informé de ses droits.

La marge d'erreur technique

Tout appareil de mesure comporte une marge d'incertitude. Si le taux mesuré est très proche du seuil légal (0,22 mg/l), la marge d'erreur de l'éthylomètre peut être invoquée pour contester le dépassement du seuil.

Que risquez-vous ?

Les sanctions varient selon le taux d'alcool mesuré.

Pour un taux de 0,22 à 0,35 mg/l (0,5 à 0,8 pour mille dans le sang), vous risquez une amende de 1.600 à 16.000 euros et une déchéance facultative du droit de conduire de 8 jours à 5 ans.

Pour un taux supérieur à 0,35 mg/l (plus de 0,8 pour mille dans le sang), vous risquez une amende de 3.200 à 32.000 euros, un emprisonnement de 1 mois à 2 ans et une déchéance facultative ou obligatoire du droit de conduire, selon les circonstances.

En cas d'ivresse (état d'ébriété constaté), les sanctions sont similaires et cumulables avec celles de l'intoxication alcoolique.

Le refus de se soumettre au contrôle d'alcoolémie est une infraction autonome passible des mêmes peines que l'intoxication la plus grave.

Le retrait immédiat du permis

En cas de taux élevé (supérieur à 0,35 mg/l), d'ivresse ou de récidive, le policier peut procéder au retrait immédiat du permis de conduire pour une durée de 15 jours. Ce retrait administratif est distinct de la déchéance prononcée par le tribunal. Il peut être contesté devant le procureur du Roi.

Questions fréquentes

Le résultat du test de dépistage suffit-il pour me condamner ? Non. Le test de dépistage (soufflage dans l'appareil portable) n'a qu'une valeur indicative. Seul le résultat de l'analyse de l'haleine (éthylomètre agréé) ou de la prise de sang a une valeur probante devant le tribunal.

Puis-je refuser de souffler ? Vous pouvez refuser, mais c'est une infraction à part entière, passible des mêmes peines que l'intoxication la plus grave. Le refus n'est donc jamais une bonne stratégie.

J'ai soufflé juste après avoir bu. Le résultat est-il fiable ? L'alcool résiduel dans la bouche peut fausser le résultat de l'éthylotest. C'est pourquoi la loi prévoit un délai d'attente de 15 minutes. Si ce délai n'a pas été respecté, le résultat peut être contesté.

Mon avocat peut-il obtenir un acquittement ? C'est possible, notamment si un vice de procédure est identifié (appareil non agréé, procédure non respectée, droit à la contre-analyse non notifié). Même en l'absence de vice de procédure, un avocat spécialisé peut plaider des circonstances atténuantes pour réduire les sanctions.

En résumé

Un contrôle d'alcoolémie positif peut être contesté si la procédure n'a pas été correctement suivie : appareil non conforme, absence de contre-analyse, vices dans le procès-verbal, non-respect du délai d'attente. Un avocat spécialisé en droit de la circulation peut analyser votre dossier et identifier les moyens de défense les plus pertinents.

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